Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 09:54

     Il l'observait en classe. Il l'observait également dans la cour, pendant les interclasses. Car si aucun des élèves de la terminale scientifique, que Marc fréquentait, n'aurait sérieusement pu envisager d'adresser la parole à un si étrange étranger, le Martien avait réussi à trouver son public, parmi les élèves de la classe littéraire. Et Marc s'intéressait plus encore au public qu'à l'orateur

Elle répondait au doux prénom de Jeanne. Un prénom désuet, qu'elle portait merveilleusement, à son avis. Marc l'avait repérée bien longtemps avant l'arrivée de Jean-Michel. Et s'il n'avait jamais osé l'aborder, il avait patiemment réussi à rassembler un certain nombre de renseignements, à son sujet.

Jeanne était l'unique représentante de la dernière génération d'une famille très honorablement connue, dans la région. Elle habitait une spacieuse demeure, au fond d'un grand parc précieusement arboré, sur les hauteurs d'un village voisin, que les grands bourgeois de la ville avaient peu à peu colonisé.

Marc aurait été incapable de dire de quoi vivaient ses parents, ni d'où ils tiraient leur richesse. Sans doute leurs ancêtres avaient-ils trimé dans les champs, avant que l'un d'entre eux ne vende, au moment opportun, ses terres arides, devenues soudain de vraies mines d'or, par la grâce imprévue d'une rapide urbanisation, et de la spéculation immobilière qui avait suivi.

Marc, quant à lui, n'avait pas à se plaindre. Parti du bas de l'échelle, son père avait gravi, un à un, les échelons de son administration, parvenant même, malgré le lourd handicap qu'avait représenté son manque de diplômes, à s'élever jusqu'à la fonction prisée d'Ingénieur des Ponts et Chaussées.

Sa mère ne travaillait pas. Elle les avait élevés, sa sœur et lui, dans une certaine rigueur économique dont ils ne s'étaient jamais plaints. Ils ne manquaient de rien – comme on dit.

Jeanne, elle, jouait au tennis. Il la voyait, chaque mercredi, après les cours, lorsqu'il repartait à pied du réfectoire, pour rentrer chez lui. Passer devant les courts n'imposait qu'un léger allongement du chemin.

Jeanne avait créé, avec quelques camarades littéraires, une troupe de théâtre. Marc avait assisté à la représentation de leur dernière création. Il n'avait pas tout compris, mais il était resté jusqu'à la fin.

Jeanne s'habillait d'amples et légers vêtements de couleurs chaudes, qu'elle portait avec une délicatesse dont Marc ne se lassait pas.

Marc n'avait jamais osé, ni même envisagé, adresser la parole à Jeanne. Sans le soudain intérêt qu'il avait nourri pour le théâtre, peut-être n'aurait-il d'ailleurs jamais entendu le ton précieux de sa voix.

Jeanne était sacrée. Jeanne était inaccessible. Et voilà qu'une espèce de scaphandrier de l'espace, tombé on ne savait d'où – pas particulièrement gâté, de surcroît, par la nature - l'avait abordée du jour au lendemain, sans préambule, ni aucune précaution apparente. Et voilà que Jeanne semblait subjuguée, littéralement hypnotisée par un discours que la distance de sécurité que Marc laissait, entre lui et eux, ne lui permettait en rien de deviner, mais qu'il voyait le Martien ponctuer de gestes lents et fermes, comme pour bien souligner, semblait-il, sa logique irréfutable, pour bien faire entrer tout ça dans la tête de son auditrice.

Marc en avait fini par se demander si, effectivement, J.M. (Jean-Michel ou Jean le Martien) ne disposait pas d'un pouvoir réel. Et si c'était le cas, il aurait bien donné son écharpe, contre une initiation, compte tenu du bénéfice inestimable qu'il pouvait espérer en tirer. 

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Merci !

Par Michel Anvers
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Commentaires

Tout d'abord, soit le bienvenu sur ma communauté les manuscrits en ligne. Je suis très heureuse de t'accueillir, d'autant plus que je viens de lire tes premiers textes et que je tiens à te féliciter. Je n'ai pas l'ensemble du livre en tête, mais si le tout est à la hauteur de ce début, je crois que tu as beaucoup de chances de trouver un éditeur un jour. Ne te décourages pas si tu n'as pas tout de suite des lecteurs. Un blog n'est pas un endroit facile pour faire connaitre un livre. la forme s'y prête que moyennement et les visiteurs qui tombent sur ton livre ne cherchaient pas forcément ce qu'il y trouvent. Bref, tout ça pour t'encourager vivement, en même temps, que tu le partages avec des lecteurs ici, à l'envoyer à des maisons d'éditions. Qu'est ce que tu as à perdre? Les commentaires qui j'en suis sûre, seront positifs t'aideront à maintenir la confiance en toi nécessaire pour persévérer, même si tu n'as pas tout de suite des réponses positives.Je m'étale, mais franchement, c'est parce que c'est un coup de coeur. Voilà, bonne continuation!
Commentaire n°1 posté par ayaquina le 20/05/2009 à 20h37
Bon Jour Michel,
J'ai lu ton premier tiers hier, et je suis impaptient de connaître la suite.

Heureux de te connaître dans la confiance d'un futur inconnu !
J'ai certainenement capté, quand j'avais 28 ans, votre égrégore "martien" et je me suis mis moi-même en chemin
notre parcours est différent, mais il a beaucoup de point en commun, à l'envers assez souvent.
Anvers me semble un très bon nom pour un initié à mi-échelle. lol

Que la présence de l'Amour ne quitte ta conscience, mon frère!

Jacquy
Commentaire n°2 posté par Jacquy D... le 15/03/2010 à 15h09
Bonjour Jacquy,
Merci pour ta visite et pour ton commentaire.
Bonne suite de lecture et bonne route !
Fraternellement,
Michel Anvers
Réponse de Michel Anvers le 15/03/2010 à 17h02

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