Partager l'article ! "Épousailles", roman initiatique, 1er épisode.: PROLOGUE L'été touchait à sa fin. Il semblait pourtant bien décidé, avant ...
PROLOGUE
L'été touchait à sa fin. Il semblait pourtant bien décidé, avant de s'effacer, à donner le meilleur de lui-même. La brise agitait légèrement le feuillage du grand noyer. La nuit était claire et tiède. La surface de la piscine tremblait à peine. Le monde dormait paisiblement, alentour, bercé par le chuchotement incessant des grillons.
Marc aurait payé cher, vingt ans auparavant, pour obtenir l'assurance d'atteindre un jour un tel calme, un tel équilibre, une telle sécurité. Il en avait rêvé. Il y était parvenu.
La bière qu'il sirotait, installé dans l'un des fauteuils en teck, sur la terrasse s'ouvrant sur une pelouse parfaite, verte et rase, cette bière avait pourtant un goût amer, tout comme le fin cigare qui se consumait entre ses doigts. Marc fumait trop. Il buvait trop. Trop de bière et trop de café.
Il n'avait pas eu le temps de jouir de son bien-être. Il n'avait pas compris. Rien vu venir. La quarantaine approchait et tout ce qu'il avait construit, à la force du poignet – et Dieu sait qu'il lui avait fallu puiser au plus profond de ses ressources – tout était sur le point de s'écrouler.
Pourquoi ? Comment diable avaient-ils pu en arriver là ?
PREMIERE PARTIE : DEUX
1
Il l'avait rencontrée au lycée. En terminale.
Jusque là, ses études l'avaient profondément ennuyé. C'était un solitaire. Il ne comprenait pas ce qui pouvait justifier la fougue de ses camarades, leur apparente joie de vivre. Chaque jour imitait le précédent. Il aurait pourtant souhaité s'enthousiasmer – c'était de son âge, disait-on – mais rien ne parvenait à fixer durablement son attention. Une espèce de vide sidéral. Jusqu'à l'arrivée du "Martien".
Le surnom n'avait rien d'original – du niveau de ceux qui le lui avaient attribué. Marc devait être le seul à ne pas avoir raillé le garçon, lorsqu'il avait débarqué dans leur classe. Le seul dont la curiosité avait été plus forte que la tentation du rejet.
Il fallait reconnaître que le gars n'avait pas fait dans la dentelle. Arriver en classe, pour son premier jour, vêtu d'une sorte de combinaison
spatiale, décorée de diodes clignotantes, ne constituait pas le meilleur moyen d'assurer son intégration ! C'était une petite ville. Les plus originaux des lycéens osaient à peine les cheveux
longs et les longues écharpes de laine. Les garçons, pour la plupart, étaient du genre à comparer leur virilité, sur le terrain ou dans les vestiaires du club de rugby de l'établissement. Plus
tard, ils se paieraient le 4x4 le plus gros du marché, noir avec des vitres teintées.
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